DIRCAB

Association des directeurs de cabinet des collectivités locales à direction socialiste et républicaine

19 et 20 février : Assemblée générale à Dunkerque

Jeudi 19 février, à la Communauté urbaine

Accueil de Hervé Alloy, directeur de cabinet du Maire de Dunkerque, président de Dircab
Après un discours introductif placé sous le signe d’une identité dunkerquoise à la fois festive et laborieuse, Hervé Alloy, président, a évoqué, non sans humour, une filiation naturelle et des passerelles idéologiques entre l’agglomération dunkerquoise et la gauche : « Jean Bart a sauvé Dunkerque des Anglais et de la famine ; Delebarre a sauvé Dunkerque de la droite ». De même, avec la symbolique socialiste de la rose, il a évoqué le carnaval : « Les Trois Joyeuses s’achèvent mardi avec la bande de Rosendaël, Rosendaël qui signifie Vallée des Roses en flamand. Pour nous, un véritable jardin d’Eden... ».  Une manière d’accueillir l’ensemble des participants dans la bonne humeur et d’introduire une critique de la politique gouvernementale actuelle dans des domaines telles que la santé, l’éducation ou la fonction publique. Ont par ailleurs été évoquées la récente polémique autour de la suppression de la taxe professionnelle ainsi que la situation plus que tendue dans les Dom-Tom, Hervé Alloy se déclarant solidaire des directeurs de cabinet antillais et proposant à l'assemblée de faire passer un message de soutien et d'amitié aux collègues de Guadeloupe, Martinique et Guyane. Comparant le président Sarkozy à un « Zébulon » soufflant sur les braises, il a dénoncé le déséquilibre criant entre les sommes débloquées pour faire face à la crise sociale (2.6 millions d’euros) et celles débloquées pour la mise en œuvre du paquet fiscal (13 millions). Rappelant également qu'il avait fait parvenir un courrier à la Première Secrétaire du Parti Socialiste, Martine Aubry, lui demandant audience, la président a brossé les contours de la profession de dircab, véritable interface « entre le terrain et le parti », « relais privilégié » entre la société et les décisionnaires politiques.

Retour sur les activités et les productions de l’association, par Hervé Alloy
En juin 2008, l’Association des directeurs de cabinet des collectivités locales socialistes et républicaines a tenu son assemblée générale à l’assemblée nationale. Chaque mois, la structure organise des réunions de bureau rue Solférino. Sont par ailleurs organisés des réunions de collèges (Communication, partenaires, voyages d’études...)
En novembre 2008 s’est déroulé le salon des maires auquel les "Dircabs" ont été invités à participer. Le bureau s’est alors réuni Porte de Versailles et a rencontré une vingtaine de nouveaux adhérents à l’association ; « une première à réitérer ».
Depuis les municipales, la structure compte 78 nouvelles adhésions. Une dynamique qu’Hervé Alloy entend accentuer : « Nous allons tout faire pour en accueillir davantage et solidifier le réseau ».
L’annuaire 2008 a en outre été produit : il s’agit d’un instrument de travail essentiel qui regroupe quelque 450 noms.
L’intérêt des partenaires pour les travaux de l’association a par ailleurs été souligné, plus de trente partenaires ayant annoncé leur participation lors de la soirée du 19 février sur le bateau Princess Elizabeth, à Dunkerque.

Le point sur la commission mobilité, par Roger Molkou, directeur de cabinet du maire du 19e arrondissement de Paris, vice-président de Dircab
En charge de la « commission mobilité » pour l’association et exerçant les fonctions de directeur de cabinet dans le 19è arrondissement de Paris, Roger Molkou, vice-président, a d’abord exposé les obstacles inhérents à la profession de « dircab ».
En cause, les difficultés rencontrées lorsqu’il s’agit de retrouver un poste suite à un changement de mandat : en effet, les professionnels se heurtent encore à la prévalence des logiques de réseau (cf. : « le cercle des initiés ») sur les offres publiques d’emploi.
Il y a donc un effort de sensibilisation à poursuivre auprès des élus, d’autant que l’on note des progrès dans les recherches d’emploi grâce aux annonces mises en ligne sur le site « dircab.net ».
Le bilan global s’avère plutôt positif, même si quelques collègues peinent encore à retrouver un emploi.
Roger Molkou a par ailleurs soulevé une autre problématique : celle du déficit représentatif de grandes agglomérations (ex. : Lille-Roubaix-Tourcoing) ou de certaines zones géographiques notoires au sein de l’association.
L’exemple le plus éloquent reste encore celui de la capitale : à Paris, sur 20 maires d’arrondissements, 12 sont de gauche. On compte en moyenne 6 collaborateurs par élu. Or, l’association des directeurs de cabinet ne compte que 7 adhérents parisiens.
Une sous représentation que Roger Molkou attribue au manque de visibilité de l’association auprès des élus et collaborateurs de cabinet. Plusieurs réponses peuvent être apportées : le projet d’avoir un correspondant sur place dans chaque département pour représenter la structure est une piste tangible. Pour Roger Molkou, il s’agit là du « véritable enjeu des prochains mois et des prochaines semaines ».

Orientations et projets à venir de l’association, par Hervé Alloy et Erwan Huchet, ancien président de l’association
Deux grandes options ont été présentées.
D’une part, un projet de « tournée des régions », susceptible selon Hervé Alloy de « multiplier par quatre » le nombre d'adhérents à l’association.
D’autre part, une participation accrue à divers salons, par la tenue active de stands, l’objectif restant d’accroître la visibilité auprès des élus tout en obtenant de nouveaux contacts. L’association des directeurs de cabinets devrait d’ailleurs être présente les 7,8 et 9 avril au Parc Floral de Vincennes pour le « Salon de l’Amif », l’association des maires d’Ile-de-France.
Erwan Huchet, président d'honneur de l'association et actuel directeur de Savoirs Publics, a insisté sur l’opportunité d’une présence au « Salon des métiers du politique » les 15 et 16 octobre prochain. L’enjeu étant d’organiser au mieux les professions liées à la direction de cabinet (gestion de compétences, lisibilité publique, etc.).
Le « Salon des métiers du politique » sera axé sur les collaborateurs d’élus (assistants parlementaires, collectivités diverses). Une réunion avec ces différents collaborateurs est prévue début mars.
On retiendra enfin la portée médiatique de l’événement qui bénéficie de la présence de l’émission « Ça vous regarde » (chaîne parlementaire) et de divers groupes de médias écrits.

Intervention de Michel Delebarre, président-fondateur de l’association directeurs de cabinet des collectivités territoriales socialistes et républicaines, Ancien Ministre d'Etat, député-maire de Dunkerque, président de la Communauté urbaine
L’accueil de Michel Delebarre a été l’occasion d’opérer une série de remarques. Le député-maire de Dunkerque est d’abord revenu sur les prérogatives de la CUD, création originale puisqu’il s’agit de la première communauté urbaine volontaire de France : ainsi, ses limites d’action ne sont pas fixées par la loi mais bien par les dix-huit communes qu’elle rassemble.
Dubitatif sur l'implantation tous azimuts du tertiaire alors que l’agglomération dunkerquoise constitue le premier pôle énergétique d’Europe et qu’elle conserve un potentiel de développement industriel non négligeable, Michel Delebarre a par ailleurs dénoncé la suppression de la taxe professionnelle : « 77% de nos ressources proviennent de celle-ci ! Dans la région dunkerquoise, quatre entreprises essentialisent cette taxe ».
D’autres observations sur la bonne gouvernance politique et la nécessité d’une forme particulière de « mimétisme politique » ont été formulées, entre deux traits d’humour sur la double nature des flamands (à la fois « bosseurs » et « fêtards » invétérés).
L’intervention de Michel Delebarre s’est achevée par l’expression de ses inquiétudes quant à la faiblesse croissante de l’appareil d’État, qualifiée de « potentiellement dangereuse ».

Changement d’appellation de l’association et choix d’une nouvelle charte graphique, par Denis Quinqueton, ancien directeur de cabinet, consultant au sein de l’agence Les Argonautes
Plus qu’un simple changement de nom, tout un travail sur l’identité visuelle de la structure associative a été fait. Ce travail graphique et conceptuel ne se limite pas à une simple refonte du logo. Il va dans le sens d’une simplification identitaire, gage d’une reconnaissance de la structure accrue dans l’espace public : le site www.dircab.net et sa nouvelle charte graphique permettent une ergonomie plus efficace et un accès plus fonctionnel aux textes de loi, décrets, offres d’emploi, documentation diverse, liens institutionnels, etc.
Le double référent  socialiste et républicain est significatif à travers la symbolique de la rose et du poing d’un côté ; et celle de l’écharpe tricolore et de la Marianne de l’autre.
L'association qui conserve toujours le nom d'Association des directeurs de cabinet des collectivités locales à direction socialiste et républicaine se reconnaîtra toutefois sous le nom de Dircab, un nom beaucoup plis lisible et "communicatif".

Interventions de l’assemblée
Diverses questions émanant de la salle ont ponctué la fin des interventions précédentes. Ces prises de paroles concernent pour l’essentiel les changements d’identité visuelle de la structure associative.
Daniel Aptekier s’est interrogé sur une éventuelle rupture entre la volonté d’ouverture de l’association dircab d’une part, et la puissance évocatrice du poing et de la rose de l’autre (une symbolique potentiellement restrictive au seul champ socialiste alors que l’association recense également verts, républicains, etc.).
La réponse d’Hervé Alloy a mis en avant un certain pragmatisme : « C’est une question de visibilité et de réalité des choses : le poing et la rose sont des éléments qui ont toujours fait partie du logo, on compte 95% de socialistes dans l’association et il s’agit de se démarquer des autres structures existant en mettant en avant cette identité de gauche ».
Agnès Faudon (chargée de mission, Communauté Urbaine Grand Lyon) a tenu a mettre en évidence le caractère potentiellement limitatif de la dénomination « dircab ».
Anne Rubinstein s’est également prononcée en ce sens, témoignant des résonances parfois négatives de la seule appellation « dircab » :  « La dénomination dircab est parfois vécue comme renvoyant à une structure corporatiste alors que d’autres statuts existent, comme les chefs de cabinets, les collaborateurs de cabinets, etc. ».
La réponse de Denis Quinqueton a souligné le rôle d’affinage identitaire du site Internet, qui « lèvera les éventuelles ambiguïtés » et rappellera que la structure s’adresse à tous, tout en rappelant l’importance d’avoir un « dénominateur commun ».
Roger Molkou s’est déclaré « sensible » aux remarques d’Anne Rubinstein ainsi qu’à la problématique visuelle soulevée par le logo. Sans dénier l’élément socialiste, ciment originel de l’association, il se positionne en faveur d’une transparence dans la communication afin de signifier ostensiblement l’esprit d’ouverture aux autres sensibilités de gauche que revendique l’association.



Vendredi 20 février, au Kursaal de Dunkerq

Cette seconde journée de travaux a été marquée par des développements interrogeant le lien entre territoire et politique. La matinée s’est ouverte par l’intervention de Gérard Blanc, directeur de l'Agence d'Urbanisme du littoral dunkerquois sur l’intégration européenne de l’agglomération dunkerquoise. En qualité de Premier Vice-président du Comité des Régions Européennes, Michel Delebarre s’est ensuite exprimé aux côtés de Philip Cordery, secrétaire général du Parti Socialiste Européen, sur la place des collectivités locales dans la construction de l’Europe.
L’après-midi s’est achevée par les observations de Pierre Mauroy, sur la Commission Balladur et la réforme des Collectivités.

Présentation de l’agglomération dunkerquoise et de ses enjeux au cœur de l’Europe, par Gérard Blanc, Directeur de l’Agence d’urbanisme et de développement de la région Flandre-Dunkerque
À l’aide de projections de cartes et de vues aériennes, Gérard Blanc a caractérisé très précisément les origines et la double vocation de la ville de Dunkerque, à la fois maritime et industrielle.
Véritable « outil portuaire », il est d’autant plus délicat d’en faire une ville à part entière et d’y inscrire un projet urbain pertinent pour la population : « On a dit de Dunkerque qu’elle était un archipel. Y conquérir l’urbanité est un défi ». Historiquement, les infrastructures portuaires de la ville ont connu un développement croissant. Après leur destruction (suite aux bombardements pendant la seconde guerre mondiale), ce sont les Dunkerquois eux-mêmes qui se battent pour les reconstruire, posant par là même « un acte de souveraineté locale » fondateur.
Les années 1990 marquent un tournant : la fermeture des Chantiers de France de construction navale (1987, gouvernement Chirac) constitue à la fois une crise et une opportunité historique pour l’agglomération puisqu'elle libère des hectares de friche industrielle à reconquérir : les plans de Richard Rogers, architecte Londonien sont dessinés en 1991 et donnent naissance au Projet Neptune, vaste reconquête urbaine qui comprend notamment l’Université du Littoral, le Pôle Marine, la Bibliothèque et le Restaurant Universitaires... sur les sites de la Construction navale
Aujourd’hui, l’actualité est à la réalisation de l’éco-quartier du Grand Large et la refonte et la redensification du Centre Ville sont en réflexion..
Ce qui commande toutes ces initiatives reste la recherche d’une modernité nouvelle pour une agglomération issue de la reconstruction post-1945.
Gérard Blanc a tenu à formuler quelques observations (l’aval du partenariat public sur le privé, contrairement aux idées reçues ; la pertinence de la question touristique, l’incertitude quant à la viabilité économique du pôle industriel dunkerquois, de sa capacité à générer de l’emploi), ainsi que ses pistes de travail : « Puisque Dunkerque est une île, l’alternative est peut-être de structurer son arrière-pays terrestre et de faire exister la logique littorale via un interland puissant ». Gérard Blanc en fait la condition d’un développement portuaire capable de rivaliser avec les grands ports d’Europe du Nord (Zeebrugge, Anvers, Le Havre, etc.).

La place des collectivités locales dans la construction européenne
Table ronde animée par Frédéric Vallier, chef du service Europe de la direction attractivité internationale de Nantes-Métropole, avec Philipp Cordery, secrétaire général du parti des socialistes européens et Michel Delebarre
Frédéric Vallier a introduit les interventions de Michel Delebarre et Pierre Cordery : « L’influence européenne est déterminante pour les villes. Elle s’exerce dans des domaines clés tels que l’écologie ou les transports par exemple. Il faut pouvoir approfondir les relations et la coopération entre l’Europe et les villes sur nombre de grands enjeux sociétaux ».

Michel Delebarre a ouvert son propos en relevant quelques chiffres significatifs, tirés d’enquêtes récentes : « La France est en tête des pays européens où les citoyens considèrent que les élus locaux et régionaux sont les mieux à même de répondre à leurs attentes et d’expliquer le rôle de l’Europe ». Preuve, s’il en est de la pertinence du fait européen d’une part, et du lien étroit entre les prérogatives européennes et les élus de proximité.
Il existe par ailleurs une demande citoyenne d’une meilleure prise en compte politique des collectivités locales, « en qui les Français accordent une large confiance ».
Pour Michel Delebarre, il ne fait pas de doute que le développement d’une agglomération est étroitement lié (conditionné ?) aux soutiens, notamment financier, de l’Europe : « Nous ne pouvons plus, aujourd’hui, présenter un projet d’avenir sans le concours européen ».
A Dunkerque, le député-maire a d’ailleurs nettement rendu visible ces liens étroits via la présence du drapeau de l’Europe sur chaque bâtiment qui a bénéficié du soutien de cette dernière. Prenant le cas très concret de l’éco-quartier du Grand Large, Michel Delebarre a signifié la résonance des décisions européennes sur le « quotidien » même des résidents des agglomérations françaises.
Une manière de sensibiliser aux enjeux territoriaux au sein même de l’Europe, alors que la puissance des Länders allemands ou des Communautés autonomes espagnoles n’est plus à démontrer. A moins de quatre mois des échéances électorales européennes, il s’agit, plus que jamais, de rappeler que « l’Europe ne se fera qu’à travers les collectivités territoriales, qui mettent en œuvre plus de 60% des directives européennes ».
Intimement persuadé que le Traité de Lisbonne assume sans précédent la cohésion territoriale européenne (à la suite de la cohésion sociale et économique, déjà inscrite auparavant) Michel Delebarre l’approuve essentiellement pour cette raison.

En préambule à son intervention, Philip Cordery n’a pas manqué de rappeler la nécessité d’une réponse européenne face à la crise et d’une prochaine victoire de la gauche européenne, « d’autant que l’on assiste à un rejet assez global de l’Europe de la part des différentes opinions publiques européennes ; et que la droite concentre à l’heure actuelle l’ensemble des pouvoirs » dans cet ensemble politique. Assimilant le « choc du non » à une « crise existentielle de l’Europe », l’enjeu de la prochaine campagne résidera dans la capacité à organiser une riposte de gauche. « L’orientation politique doit primer » ; ce qui se traduit nécessairement par la construction d’une cohérence idéologique au sein même du PSE.
Il s’agit également de creuser le débat contradictoire droite-gauche, PSE-PPE et de « mettre fin aux alliances entre ces deux partis ». Pour Philip Cordery, l’heure est à la « repolitisation de la machine européenne », sans quoi l’Europe « fonce droit dans le mur » : « on est en train de changer d’époque ».
Pour cela, les 33 partis regroupés au sein du PSE ne doivent pas se contenter d’une simple coexistence mais bien dégager des compromis de gauche. Le programme adopté à Madrid (que Philip Cordery a qualifié de « meilleur compromis de gauche européenne jusqu’à présent ») tient en 6 points.
Deux axes ont plus particulièrement été abordés. D’une part, la nécessité d’une réponse face à la crise : cela signifie la relance économique (Philip Cordery ne veut pas « entrer dans une opposition stérile » entre croissance et impératifs  écologiques et préconise une « synergie dans les investissements »). Cette relance doit s’accompagner d’un renforcement de la « mobilité urbaine durable » et le développement des réseaux de communication.
Le deuxième axe repose sur les questions sociales : que met-on derrière la notion d’Europe sociale ? S’appuyant sur les réalisations dans le domaine de la petite enfance et sur l’adoption d’un revenu minimum européen, Philip Cordery, a tenu à rappeler que « les problèmes de cohérence entre socialistes et sociaux-démocrates ne sont pas un obstacle aussi massif qu’on veut bien le dire ».

Interventions de la salle
Plusieurs participants ont exprimé leurs inquiétudes quant au problème du « vote défouloir » et des « impostures de positionnement des partis d’extrême gauche ou du MoDem ». Le faible taux de participation aux élections européennes venant aggraver la situation1.
Pour Michel Delebarre, il s’agit de mieux penser l’articulation entre les problèmes concrets des citoyens et les réponses politiques de la gauche au sein de l’Europe, à travers notamment « un travail de relais de la part des élus territoriaux sur les enjeux de la campagne européenne ». Sans quoi, le député-maire est formel, « la victoire n’est pas envisageable ».
Philip Cordery met quant à lui en évidence le problème de représentation des fonctionnaires français dans les instances européennes : « Allemagne et Angleterre organisent beaucoup mieux leurs intérêts, en se réunissant sur des sujets bien précis » (ex. : la Bavière et l’industrie automobile, la chimie, etc.)
Edouardo Rihan Cypel, chef de cabinet à la ville de Bondy a insisté sur le caractère nécessaire d’une réappropriation politique de l’Europe par l’ensemble des citoyens, dans un monde globalisé et s’est interrogé sur les manières d’orchestrer la défense des intérêts territoriaux et régionaux dans un contexte d’Etat affaibli.


Pause déjeuner. Discours d’Isabelle Kocher, directrice générale de la Lyonnaise des Eaux, partenaire de l’association. Remise de la brochure In Situ à l’ensemble des adhérents. Isabelle Kocher nous propose une rencontre des membres de l'association avec les responsables de l'entreprise afin d'expliquer les objectifs de la Lyonnaise en matière de développement durable et d'échanger sur les partenariats.


La Commission Balladur et la réforme des collectivités
Table ronde animée par Pascal Joseph, ancien directeur de cabinet, adjoint au maire du 20e arrondissement de Paris, avec Pierre Mauroy, sénateur et ancien premier ministre, et Olivier Régis, délégué général du Forum pour la gestion des villes et des collectivités territoriales

Le document commandé à l'automne à Edouard Balladur par le président de la République doit être remis début mars. Il s’agit officiellement de penser la réforme des institutions locales. Cependant, le Parti socialiste de Martine Aubry s'élève contre les conclusions du rapport à venir. Lors d'une conférence de presse au siège du PS, la première secrétaire du parti socialiste déclare : « Nous avons l'impression aujourd'hui que la commission Balladur tourne le dos à (...) une vraie modernité, à une vraie démocratie, pour des raisons que nous craignons politiciennes » 2

Attaché depuis toujours aux idées de régionalisation et de décentralisation, Pierre Mauroy s’est pour sa part refusé à « dévoiler des mesures » en cours de réflexion au sein de la commission, dénonçant fortement les fuites journalistiques opérées par Roger Karoutchi et Dominique Perben (cf. : la une de La Voix du Nord du 21/02/2009 ainsi que la tribune libre de Laurent Garnier, vice-président du conseil général du Val-de-Marne en charge de l’aménagement et du développement économique, dans l’Humanité du 24/02/2009).
Pierre Mauroy a tout de même tenu à s’exprimer sur quelques points : l’ancien Premier ministre se déclare favorable à la suppression des cantons (entre 900 et 35 000 habitants...), au regroupement des régions plus grandes (certains médias annonçaient dernièrement un renforcement de l'intercommunalité et une réduction du nombre de régions métropolitaines de 22 à 15). La proposition d’élire simultanément et sur une même liste conseillers régionaux et départementaux afin d’en faire des « délégués » a par ailleurs émergé de manière assez concrète.
Il a également approuvé le passage des plus grandes communautés urbaines en Métropoles.
En revanche, il s'est montré très dubitatif sur le "Grand Paris" et sur l'élection commune de conseillers régionaux et généraux.

Olivier Régis rappelle que le Forum pour la gestion des villes et des collectivités territoriales est une association d’environ 450 collectivités. Il organise depuis trois semaines des rencontres en province avec des présidents de conseils régionaux, généraux, etc.
Sont abordés les problèmes de « fracture territoriale », les questions d’intercommunalité et la problématique d’émancipation des collectivités de leur tutelle parisienne ou étatique.
Olivier régis a pointé du doigt les difficultés à dégager un modèle unique pour l’ensemble du territoire français, un modèle qui prenne en compte les déséquilibres multiples (rural/urbain par exemple).

Questions de la salle
Brigitte Berthomieu (directrice de cabinet, Cité d’agglo de St Quentin en Yvelines) a ouvertement posé la question de la place de l’opinion publique dans la mise en place de la réforme des collectivités : « les gens ignorent qui fait quoi ».
Sylvain Auvray (chef de cabinet, ville de Lyon), a formulé une critique de l’articulation région forte – métropole, sur le modèle européen.
Jérôme Vershaeve (directeur de cabinet, CR Aquitaine) a pour sa part soulevé la question de la puissance et de la fiscalité de la région française par rapport à d’autres régions européennes.
Il note encore que la notion de département est encore prégnante (ses prérogatives exécutives étant selon lui plus évidentes).

L'assemblée générale prend fin à 17 heures, ce vendredi 20 février. Une quinzaine de nos collègues décident de prolonger les travaux par un week-end particulièrement festif dans le cadre du Carnaval de Dunkerque.

Notes
1: Le Parlement européen va mener une campagne de communication transnationale (signature : « A vous de choisir » et budget de 15,4 millions d’euros, actions de street marketing et réalisation d’un site Internet dédié et production de vidéos sur la chaîne en ligne du Parlement européen : EuroparlTV). La Commission européenne envisage également d’organiser en urgence un dispositif de communication ciblant principalement les jeunes citoyens européens (budget de 2,7 millions d’euros, réalisation d’un site Internet dédié et production de spots TV pour la chaîne de la Commission européenne sur Youtube : EU Tube). Source: lacomeuropeenne.fr
D’autre part, signalons ici que le lancement de la campagne européenne du PSE se fera le 24 avril 2009 à Lille. On note une volonté forte de mettre en place une campagne à la fois plus européenne et plus décentralisée.

2: source site L’Express, 24/02/2009